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Médéa : La vente de manuels scolaires usagés refait surface

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le 14.09.17 | 12h00 Réagissez


La vente de manuels scolaires usagés  a refait surface sur la place du 1er Novembre, au centre-ville de Médéa, où des vendeurs occasionnels squattent, depuis quelques jours, cet espace public transformé en marché à ciel ouvert, a-t-on constaté.
Ces vendeurs, formés en majorité d’élèves ou de pères de famille, de condition modeste, proposent des manuels scolaires, tous paliers confondus, ainsi que des livres parascolaires, qui ont déjà servi, mais en bon état, aux parents en quête de livres à moindre coût.

Provenant de stocks personnels, constitués durant la saison estivale ou acquis tout récemment auprès d’autres élèves, ces livres sont négociés à des prix «défiant toute concurrence», a affirmé un jeune vendeur, rencontré sur cette place, qui propose des livres du palier primaire entre 60 et 75 DA l’unité. Dès que quelqu’un s’arrête devant un vendeur, il est vite interpellé par ce dernier et la négociation s’engage, aussitôt. Pas le temps de s’attarder trop avec l’acheteur, l’essentiel étant de le convaincre qu’il fait une bonne affaire, en lui exhibant l’état du livre ou la collection en sa possession. «La règle d’or dans ce type de pratique commerciale est d’être transigeant», a confié un père de famille, venu arrondir ses fins de mois.

Hafidh, la quarantaine, est secondé par son fils de dix ans, qui l’aide à vendre son petit stock de livres, achetés à bon prix quelques semaines auparavant chez des voisins. Son but n’est pas de réaliser de gros bénéfices, mais juste de «quoi faire face aux dépenses de scolarité de mes enfants», a-t-il souligné, précisant que l’argent de cette vente servira à l’achat de fournitures scolaires et au paiement des frais de scolarité de ses trois enfants.

Djamel, un autre vendeur, espère réunir une certaine somme d’argent qui lui permettra d’acheter quelques cahiers et offrir des tabliers à ses deux enfants. Il avoue souhaiter avoir un bon salaire et ne pas être contraint de passer des heures entières sous le soleil et renoncer à son jour de repos, pour venir ici et tenter de gagner un peu d’argent. Hakim, un élève du secondaire, se dresse devant des piles de livres presque flambant neufs, posés à même le sol, avec l’espoir d’écouler, à la fin de la journée, son stock. Il admet que l’argent de la vente ne suffira pas à couvrir certaines de ses dépenses, mais à récupérer une partie de l’argent déboursé par ses parents, lors de l’année écoulée. Des séries complètes de manuels scolaires et de livres d’exercices parascolaires sont proposées entre 1700 et 2000 DA, alors que les dépenses en achat de livres pour ce palier avoisinent les 7000 DA.

Une offre qui s’avère alléchante pour des parents au revenu modeste, qui arrivent difficilement à couvrir l’ensemble des dépenses scolaires de leurs enfants. La présence de ces vendeurs est une opportunité jugée inespérée pour nombre de pères de famille, qui semblent y trouver leur compte, d’autant que les prix proposés sont assez abordables et peuvent surtout être négociés sur place. Beaucoup d’entre eux pensent réaliser des économies en ayant recours à ce circuit, même s’ils reconnaissent que l’impact des économies réalisées reste limité par rapport aux dépenses globales des familles pour la scolarisation de leurs enfants.

APS
 
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