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Propos du président américain, Donald Trump, sur les «pays de merde»

Polémique et indignations

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le 13.01.18 | 12h00 Réagissez

Le président américain, Donald Trump, s’est retrouvé hier face à une polémique et une vague d’indignation après avoir dénoncé la veille, lors d’une réunion à la Maison-Blanche, l’immigration en provenance de «pays de merde».

Propos dont il a donné une autre version à travers Twitter, au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier de l’immigration. «Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a affirmé le président américain dans une formule ambiguë. Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le Président avait bien utilisé «plusieurs fois» l’expression de «pays de merde».

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison-Blanche n’a pas contesté ou démenti. «Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain», a-t-elle simplement répondu par la voix de son porte-parole. Le gouvernement haïtien a réagi hier en dénonçant des propos «odieux et abjects» qui, s’ils sont avérés, seraient, à tous  les égards, «inacceptables, car ils refléteraient une vision simpliste et raciste».

De son côté, l’Union africaine (UA) a déploré des remarques qualifiées de «blessantes». Le Bostwana, qui a convoqué l’ambassadeur américain pour lui faire part de son mécontentement, a estimé que les remarques du président américain ont porté un «coup» aux relations diplomatiques entre Washington et les pays africains.

L’Afrique se sent «blessée»

Au cœur des débats de la réunion de jeudi à la Maison-Blanche : la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre. Quand D. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690 000 jeunes sans-papiers de travailler et d’étudier en toute légalité, il a donné jusqu’à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de «Dreamers» (Rêveurs). Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu’à présent opposés fermement, le chantier étant pour eux un symbole xénophobe.

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, D. Trump réclame deux autres contre-parties : la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes, et une réforme de l’immigration légale pour réduire le rapprochement familial. «Je veux un système d’immigration fondé sur le mérite et des gens qui aideront notre pays à aller de l’avant», a-t-il déclaré hier, dénonçant avec force le projet qui lui a été présenté la veille. «Je veux la sécurité pour notre peuple», a-t-il indiqué.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?» a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes. Selon elles, le président Trump faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège. «Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens ?» aurait encore demandé le Président.

Hier, il a tenté de donner une version différente de ses propos. «Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens, outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté. Je n’ai jamais dit : virez-les», a-t-il lancé, assurant avoir «une relation merveilleuse avec les Haïtiens». Au Congrès, les démocrates ont dénoncé à l’unisson des propos inqualifiables.

L’élue républicaine Mia Love, d’ascendance haïtienne, a aussi déploré des propos «désobligeants» et «inacceptables». «Si c’est confirmé, il s’agit de commentaires choquants et honteux de la part du président des Etats-Unis. Désolé, mais il n’y a pas d’autre mot que ‘‘racistes’’», a de son côté dit, à Genève, Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les réfugiés.

R. I.
 
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