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Institut national de la protection des végétaux (INPV)

Au cœur du plus grand insectarium d’Afrique

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le 13.09.17 | 12h00 Réagissez

Répertoriés, étiquetés, identifiés et consignés depuis plus de 80 ans, des milliers d’insectes sont préservés scrupuleusement au sein de l’insectarium de l’Institut national de la protection des végétaux (INPV) à Alger. Un véritable trésor composé de 12 ordres, 8000 espèces, 399 familles et plus de 3800 genres qui composent une collection unique et inestimable.

C’est une collection d’insectes qui date de 1928, elle est constituée de 12 ordres et plus de 8000 espèces», explique Fatiha Alili, ingénieur principal à l’INPV (Institut national de la protection des végétaux). «Ces insectes ont été collectés dans des pays du Maghreb, du Sahel ainsi que quelques espèces extraites d’Europe.

La plupart sont des ravageurs de cultures, avec quelques espèces qu’on nomme auxiliaires ou insectes utiles.» L’insectarium est indispensable pour son expertise en entomologie, il sert également de guide pour les collections de spécimens. Au-delà des sources intarissables pour la compréhension de la nature locale et les dégâts causés par l’activité humaine, cet insectarium permet l’étude des espèces, de leur évolution et de leur rôle dans la biodiversité. Aussi, comme l’explique Fatiha Alili, cette précieuse collection scientifique est nécessaire pour le travail mené dans les laboratoires de l’INPV où se font les analyses phytosanitaires.

«C’est une collection de référence pour nous. Essentiellement pour le diagnostic entomologique réglementaire, dit-elle. Ce diagnostic consiste en la réception d’échantillons, c’est-à-dire qu’un inspecteur phytosanitaire apporte des échantillons du port ou de l’aéroport afin d’effectuer des analyses et trouver la référence dans la présente collection.» Dès lors, les ingénieurs de l’INPV se lancent dans une enquête minutieuse. Les analyses au laboratoire ne sont qu’une première partie, puisque l’insectarium sert de répertoire détaillé et précis pour toutes leurs recherches.
 

BOîTES

«Cet insectarium est divisé en trois parties. La première pour la symptomatologie où il y a confirmation de l’attaque de l’insecte, car chaque insecte possède ses propres marques. Ensuite, nous avons la deuxième partie qui concerne les boîtes de vulgarisation. Ces dernières servent essentiellement à définir les différents stades de l’insecte, les dégâts sur la plante, etc. Enfin, la troisième partie englobe toutes la collection d’insectes rangés dans les tiroirs et qui sont minutieusement étiquetés», précise Fatiha Alili. Cet antre est unique puisqu’il est complété par les ingénieurs de l’INPV, en plus de la collection datant de 1928.

L’insectarium est installé dans un espace indépendant des laboratoires de l’INPV. La température est réglée à 16° C pour la préservation des espèces, confinées dans des boîtes en bois protégées par une vitrine, puis rangées dans des tiroirs. Toutes ces communautés sont étiquetées selon leur ordre et leur famille. Un ensemble d’une grande diversité d’espèces qui regroupe papillons, criquets, phasmes, scarabées, grillons, blattes, abeilles et bien d’autres espèces. La collection est régulièrement mise à jour avec l’introduction de nouveaux pensionnaires, comme la mineuse de la tomate, un ravageur qui n’était pas référencé jusqu’à son apparition en Algérie.
 

CONSERVATION

A la fois outil de travail, héritage, patrimoine scientifique et national... l’insectarium de l’INPV est aussi unique par son espace. Confinées dans des boîtes et des tiroirs, l’entretien de ces petites créatures nécessite l’obscurité et une basse température toute l’année. Il existe un projet de logiciel qui contribuera au référencement des insectes à travers des photos illustrant à la fois l’insecte, son ordre et l’ensemble des informations que contient sa section.

Ce travail a été initié par des étudiants et n’a pas encore abouti. «L’avantage avec cette numérisation est qu’elle permettra une meilleure protection de l’insecte. Nous ne serons plus obligés de retirer le spécimen de sa boîte, et on évitera par la même occasion sa détérioration. Certains sont extrêmement fragiles comme les papillons, et d’autres très minuscules», précise Hafsa Harkat, inspectrice principale phytosanitaire à l’INPV. «Pour la sauvegarde de l’insectarium, il faut constamment rajeunir ses occupants en introduisant de nouvelles espèces. D’ailleurs, nous avons une consœur qui va souvent sur le terrain et nous l’aidons dans l’identification des espèces qui enrichissent par la suite la collection», ajoute-elle.

Aujourd’hui, certains scientifiques déplorent le manque d’engagement des étudiants et des chercheurs qui s’intéressent aux insectes principalement pour leur référencement, puisque certaines espèces ont disparu. Cependant, des recherches allant dans le sens de cette réflexion doivent être prouvées.

VISITE

Si l’insectarium d’Alger est le plus grand du continent africain, dans d’autres pays c’est une véritable attraction qui attire les amoureux de la nature. A noter que l’insectarium de l’INPV est ouvert au public sur simple demande au préalable. Plusieurs étudiants, chercheurs, universitaires, élèves ainsi que des personnalités et des délégations diplomatiques ont été reçus. La collection d’insectes se trouve dans une grande pièce réglée sous la température adéquate pour la conservation des petits locataires.

Pour profiter pleinement de la visite et s’imprégner du lieu, il est recommandé de se munir d’un appareil photo ou d’un smartphone sans utiliser la fonction flash, aucune nourriture n’est autorisée, la visite se fait en compagnie d’un ingénieur de l’INPV afin de préserver les lieux et respecter un protocole basique. Pour vous rendre à l’INPV (12, avenue des Frères Ouadek Hacen Badi-El Harrach) et effectuer une visite, il vous faudra l’accord de la direction générale. Il suffit d’écrire à l’e-mail suivant : protection@inpv.dz ou vous référer aux numéros sur leur site internet www.inpv.edu.dz/ en précisant la date souhaitée. Les visites sont gratuites !

 

 

A quoi sert une boîte de vulgarisation ?

Avec la belle collection d’insectes et l’expertise de son laboratoire l’insectarium de l’INPV dispose également d’une dizaine de «boîtes de vulgarisation» qui fournissent un diagnostic immédiat et juste sur l’état des cultures, c’est-à-dire sur le fruit ou l’arbre fruitier. Un moyen efficace pour les ingénieurs du laboratoire afin d’identifier les attaques d’insectes sur les végétaux, le types de maladie, ou simplement la présence d’insectes ravageurs dans les cultures. La boîte de vulgarisation illustre parfaitement le parcours d’un insecte ravageur sur un végétal. Par exemple, on retrouve dans une boîte l’illustration précise de l’attaque de la mouche de l’orange. Une photo montre même une orange coupée en deux où l’on voit des larves. Ces dernières sont stockées dans un tube en verre pour expliquer la dangerosité de l’insecte sur le fruit et sa destruction immédiate. D’autres boîtes démontrent des ravageurs qui sévissent sur le blé, la feuille de tabac, etc.

Faten Hayed
 
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