Edito
 

Le poker du quarteron

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le 14.09.17 | 12h00 Réagissez


La montée des périls commande que l’ensemble des forces politiques et sociales soient rassemblées de toute urgence afin qu’émergent rapidement les solutions les plus pertinentes en mesure de sauver le pays du chaos : il s’impose aujourd’hui un véritable front intérieur qui puisse permettre à tous les Algériens, organisés ou pas, de dire leur mot, de s’impliquer et de se préparer aux épreuves à venir. Il est vital aussi que se bâtisse un réel et profond consensus politique sur de nouveaux modes de gestion politique et économique, ceux existants aujourd’hui ayant montré leur totale impuissance. Cette voie de la raison et de la lucidité n’a malheureusement pas été retenue par les autorités. Alors que le désastre avance à grands pas, à la vitesse de l’ouragan Irma, elles ont choisi d’impliquer uniquement quatre chefs de parti, ceux du FLN, de TAJ, du MPA et du RND, laissant en rade l’ensemble des autres forces vives du pays.

Le choix n’est pas anodin, ces formations politiques, du moins leurs leaders, ont en commun leur allégeance absolue au président de la République, bien qu’ils partagent, il faut le préciser, une gestion antérieure calamiteuse, une présence au Parlement née d’une fraude massive et une haine absolue entre eux. Que vont proposer ces partis aux Algériens, si ce n’est un discours d’exclusion contre tous ceux qui, dans l’opposition ou en dehors, n’arrêtent pas, depuis des années, de tirer la sonnette d’alarme et de dire tout haut que le principal responsable de la crise actuelle n’est pas la chute des prix des hydrocarbures – elle ne fait que l’aggraver – mais le régime incarné par Bouteflika.

Ce dernier a dilapidé les énormes ressources, engrangées durant l’embellie pétrolière, par le choix d’une politique démagogique consistant à privilégier la redistribution rentière sur les stratégies de développement autocentré. Un choix dicté par le souci immédiat de gagner la paix sociale et de consolider le régime pour qu’il se perpétue de mandat en mandat, une spirale qui a fini par devenir infernale, le président de la République devenant incapable, dès la fin du troisième mandat, d'assumer sa mission, car terrassé par la maladie. Comme durant toutes les années antérieures, ces partis de l’allégeance présidentielle – qui se substitue à l’alliance présidentielle – vont cultiver le mensonge tant sur la situation économique et sociale du pays que sur la santé du président de la République. Ils ne cesseront de dire que tout va aller pour le mieux et leur chef d’orchestre, Ahmed Ouyahia, a déjà ouvert le bal en présentant son programme d’action comme la panacée, alors qu’il est rejeté par l’ensemble des experts au motif que les mesures phares, notamment le recours à la planche à billets, vont déstabiliser à terme le pouvoir d’achat des citoyens et toute la société.

Ces solutions de facilité visent essentiellement à renflouer le Trésor public en faillite pour lui permettre d’assurer les salaires de millions de fonctionnaires et de retraités du pays : elles ont l’avantage de faire gagner un peu de temps au régime et de permettre à Bouteflika d’arriver au bout de son quatrième mandat sans turbulences sérieuses, mais elles ont le grave inconvénient de mettre à genoux le pays. Pour sauver un régime pourtant gangréné et préserver son chef, pourtant hors course, le quarteron des partis au pouvoir joue au poker le sort de toute une nation.
 

Ali Bahmane
 
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