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Le musée public national d’El Ménéa

Passion, attraction touristique

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le 14.01.18 | 12h00 Réagissez


Ignoré de beaucoup d’Algériens, le musée d’El Ménéa a été construit en 1985 pour garder le produit de ce qui est devenu une passion locale, la collecte de vestiges préhistoriques ou ethnographiques : entre 2013 et 2017, le musée a ainsi reçu 93 dons de la part de la population locale.

Le musée Augérias

A El Ménéa, le premier musée a été créé pendant la colonisation par le capitaine Augérias. Installé dans une petite ferme aujourd’hui disparue, il a été conçu sur le modèle du cabinet de curiosités destiné à mettre en valeur le pittoresque local. Il comportait une salle des trophées, une salle ethnographique et une salle de préhistoire. Les quelques photographies qui nous sont parvenues ne nous permettent pas d’avoir une idée très précise de la muséographie à l’intérieur, mais en revanche, elles en montrent la particularité : le programme du musée figurait sur les murs d’enceinte de la fermette.

En effet, y étaient représentés un homo erectus, un hippopotame et un crocodile, rappelant un Sahara qui, loin de mériter son nom actuel, devait être plutôt comparable à une savane. Le sort de ces premières collections est inconnu : ont-elles été emportées? Certains éléments figurent-ils dans les collections de l’actuel musée national? Il semble que ce qui a subsisté, c’est la passion pour les trouvailles dans la région.

C’est à participer à un récit de la préhistoire qu’est convié le visiteur lorsqu’il franchit le seuil du nouveau musée fondée par le père Blanc, René Leclerc, disparu il y a quelques années seulement et dont la photographie orne l’église du Père Charles de Foucault et l’ouvroir de broderie des Sœurs, tant il fut actif et respecté comme un marabout.

Trois peintures donnent le ton en symbolisant trois grandes périodes : la première met en scène des amanites géantes, la deuxième des dinosaures (diplodocus et tyrannosaure), la troisième l’apparition de l’humain tel qu’on le comprend actuellement : c’est donc un récit rationnel, orienté vers l’avènement de l’humain, laissant de côté le chaos ou les hasards de l’évolution.

La peinture qui figure cette dernière période est à mi-chemin entre l’évocation d’un âge d’or par sa composition et le souci tout pédagogique de figurer les occupations associées à l’imaginaire de la préhistoire : la représentation des activités-chasse, pêche, cueillette, fabrication d’ustensiles- y coïncide en effet avec celle d’un paysage domestiqué, pacifié. Le souci pédagogique persiste dans le reste du parcours : la présentation combine le découpage chronologique avec l’illustration de chaque période. Le visiteur parcourt les grandes périodes de la préhistoire telles qu’elles ont été établies scientifiquement, du paléolithique supérieur au néolithique.

Chaque période est représentée par de beaux échantillons, les vitrines associent aux témoins de la vie animale les premiers outils témoignant de l’activité des hommes: outre des trésors de la paléontologie, comme des griffes ou des phalanges de tyrannosaures, un morceau de bassin de diplodocus, le paléolithique inférieur par des bifaces, des hachereaux, des pointes de flèches, le paleolithique moyen par des pontes, racloirs, grattoirs du mousterien, le paléolithique supérieur par des lames, l’aiguillage pour le tissage, des œufs d’autruche décorés, le néolithique par haches taillées, des meules, des poteries, des pointes de flèches.

Les objets et les panneaux explicatifs sont complétés par des gouaches commandées à un artiste local, Rahmani, elles permettent de visualiser les animaux évoqués par les restes de leurs ossements, les dinosaures, le crocodile, dans ce qui est supposé être leur environnement.

La salle d’ethnographie, quant à elle, est en cours de réaménagement: une part importante est donnée à la broderie dont El Ménéa est un centre important : l’école de broderie, qui a succédé à l’ouvroir des Sœurs perpétue les motifs traditionnels, notamment celui de la mosquée que figurent des compositions abstraites mais rigoureusement construites. Le Sud, passion des préhistoriens, passion aussi des ethnographes, devient de nos jours une passion pour le touriste.

 

Nadia Saou
 
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